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« Péguy/Lonsdale » *

« Entre Ciel et Terre » des morceaux choisis de Péguy par Lonsdale.

michael lonsdale
Qui ne se souvient de ce film émouvant « Des Dieux et des Hommes » qu’interprétaient avec talent, notamment Lambert Wilson et Michael Lonsdale ?
Ce dernier nous ayant fait part depuis longtemps de son amour pour le Christ, il est là devant nous dans cette croyance inébranlable et son goût pour la poésie.
Entre le Ciel et la Terre, Michel Lonsdale nous apparaît ici encore, quasiment en Frère Luc…Il évolue et plane d’un ton léger, grave, parfois rêveur… Admiratif
de l’œuvre de Péguy, il nous offre avec le beau et talentueux comédien Pierre Fesquet pierre fesquet

un moment de théâtre, qui nous plonge dans la mystique et la beauté du Verbe, tendu vers l’Absolu.
« L'Espérance voit ce qui n'est pas encore et qui sera.
Elle aime ce qui n'est pas encore et qui sera
Dans le futur du temps et de l'éternité ». sic.
La sélection des textes dévoile un Charles Péguy visionnaire, où les thèmes abordés sont d’une brûlante actualité.
La guerre : « Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle,
Mais pourvu que ce fût dans une juste guerre »…
L’argent : « Et pour la première fois dans l’histoire du monde, l’argent est maître sans limitation ni
mesure. Pour la première fois dans l’histoire du monde, l’argent est seul en face de l’esprit ».
« Dans ce temps-là on ne gagnait pour ainsi dire rien. On ne dépensait rien et tout le monde vivait ».
La culture : « On ne saura jamais jusqu’où allait la décence et la justesse de l’âme de ce peuple;
une telle finesse, une telle culture profonde ne se retrouvera plus ».
Thierry Bretonnet à l’accordéon rend vibrante la poésie des mots et manie
son instrument avec inspiration, subtilité et délicatesse.
Et les mots et les notes se répondent… comme une sorte
de complainte, dans une ambiance « Cathédrale » !…
Une heure quinze d’un théâtre reposant…loin du vacarme de la ville.

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* Théâtre de Poche-Montparnasse 75 Bd du Montparnasse 75006 Paris
   Réservations : 01 45 44 50 21 / www.theatredepoche-montparnasse.com
   - - - >  les lundis à 19 h
   

  jusqu’au 25 janvier 2016.

                                                        Lydie-Léa Chaize, journaliste

: « Un Picasso » de Jeffrey Hatcher *

Réputé et récompensé pour ses pièces originales, cet auteur américain nous offre un morceau choisi sur l’Art en général et en particulier, sur l’oeuvre de Picasso.

Un texte superbe, drôle, émouvant et profond, adapté par Elise Bayle, une mise en scène sobre de Steven Ullman et Natalia Lazarus, une interprétation magistrale de Charles Fathy alias Picasso et Natalia Lazarus alias Mademoiselle Fisher. Celle-ci tour à tour autoritaire, émouvante et charmeuse, donnant la réplique » à un Picasso arrogant, sûr de son talent et misogyne à

souhait !...

picasso

 

Tout concourt à donner sens à cette fiction, se déroulant à l’heure de l’idéologie nazie pendant l’occupation allemande en 1941 qui considérait que, la fameuse toile « Guernica », entre autres, représentait « un art 

dégénéré » et qu’il était impératif de procéder à une exposition « couronnée » par un autodafé.

Jeffrey Hatcher nous offre un débat passionné et passionnant sur l’Art. Qu’est-ce que l’Art ? Quelle est sa place dans la société ? L’Art et la Politique peuvent-ils faire bon ménage ?... Autant de questions magnifiquement soulevées dans cette pièce dont on n’a pas fini de parler !

Pour l’heure, courez découvrir ce beau moment de théâtre !                                                    

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* Théâtre de Nesle 8 rue de Nesle 75006 Paris                

   Réservations : 01 46 34 61 04 / www.theatredenesle.com                              

Jusqu’au 15 novembre 2015 

                                                                                                                         Lydie-Léa Chaize, journaliste

                                                                                                               

« Mémoires d’un fou » de Gustave Flaubert. * avec William Mesguich

affiche memoires d un fouUne scène impressionnante s’offre à vous, comme une sorte d’antre immaculé d’une foultitude
de feuilles de papier blanc où quelques éléments de décor sont plus ou moins enfouis : un petit bureau, un escabeau et…, l’apparition d’un comédien que nous aimons.
D’emblée William Mesguich prend possession de l’espace, comme on prend possession de l’unique objet de ses désirs… et il nous raconte cette œuvre juvénile de Flaubert où l’autobiographie et la mémoire se confondent.

w m

Les Mémoires d’un Fou sont le reflet d’une délectation morose empreinte d’une poésie quasi élégiaque, de sursauts d’angoisse, « L’avenir nous tourmente, la pensée nous retient c’est pour ça que le présent nous échappe ».sic. Et, reflets de moments de folie qui sont peut-être la résultante d’un amour illusoire, fantasmé (l’amour pour Maria), d’un amour sans espoir (puisqu’elle est mariée) et, d’un amour excessif, « aimer à perdre la raison » comme l’a écrit plus tard Aragon, chanté par Jean Ferrat.

Cette œuvre littéraire de Flaubert témoigne d’une maturité précoce dans la perception d’un monde matériel qu’il exècre, d’une société décevante où les  hommes le fustigent, dès sa scolarité « Je me vois assis, absorbé dans mes rêves d’avenir, pensant à ce que l’imagination d’un enfant peut rêver de plus sublime, tandis que le pédagogue se moquait de mes vers latins, que mes camarades me regardaient en ricanant ».sic.

L’adaptation de Charlotte Escamez et la mise en scène de Sterenn Guirriec, les complices de William Mesguish depuis plusieurs années, sont pleines de belles trouvailles; par exemple, ce moment romantique où se déplace, sur un parapluie faisant office de barque, le comédien avec une infinie délicatesse. Sans oublier Mathieu Courtailler pour le choix de ses lumières et de ses belles projections vidéo, très inspiré dans ses images impressionnistes.

william m

Un spectacle de toute beauté, un texte dont William Mesguich écrit : « une beauté littéraire à l’égal d’un tableau de Monet ou d’une symphonie de Berlioz ». Là est l’interprétation magistrale d’un comédien lumineux, étrange et bouleversant, débordant de vitalité, de force et de désespérance qui sert un texte sublime sur fond de quelques notes de musique au son d’un piano, au son d’une harpe… pour terminer de nous séduire…

Ici, le théâtre et la littérature s’entrelacent à merveille dans un feu d’artifice de toute éternité !
Un vrai moment de théâtre à ne pas rater.
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* Théâtre de Poche-Montparnasse 75006 Paris
Réservations : 01 45 44 50 21 / www.theatredepoche-montparnasse.com
Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.
Relâches exceptionnelles les 2, 14, 16 et 5 novembre.
Jusqu’au 8 novembre 2015
                                                                      Lydie-Léa Chaize, journaliste