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Exposition Anna Gaiss, une jeune artiste talentueuse.

exposition-anna-gaissAnna Gaiss, une jeune artiste talentueuse.

 

L’univers particulier de ses tableaux révèle une réflexion philosophique profonde relevant de la symbolique des traditions religieuses anciennes qui émanent de l’Occident et de l’Orient. J’en veux pour preuve les titres de quelques unes de ses toiles « Jardin des délices », « Monde flottant », « Ganesha »,…

L’être humain doté de conscience est en constante évolution, parfois même se plongeant dans ses propres profondeurs il est également en constante mutation et… de chrysalide, il devient papillon d’où le titre d’un tableau « Métamorphose ».

 

Anne Gaiss nous ravit parce qu’elle peint avec son intelligence, son cœur et son âme… Ses envolées lyriques, dans des tourbillons de couleurs châtoyantes, nous enchante et nous transporte de joie.

Et comment ne pas penser à Jérôme Bosch tout particulièrement quand on découvre le tableau intitulé « Jardin des Délices » ? La parenté ne se situant pas uniquement dans l’évocation du titre mais dans cet univers fantasmagorique et fantastique jusque dans la facture même du travail de l’artiste.

Magnifique travail que ces collages sur du papier ancien, que ces assemblages d’encre et de dessins au crayon, que ces vernis et ces huiles superbes sur toile !

Tout un monde ésotérique constellé de corps célestes, de personnages mythologiques et de divinités païennes.

Cette exposition est aussi un festival d’Histoire Naturelle par la composition de certains tableaux aux corps torturés composés d’éléments minéraux et végétaux. Un retour à la Nature, chère à Rousseau. En substance, nous Anne Gaiss : « Mon univers s’inscrit dans chaque fleur, dans chaque fruit pour devenir femme et inversement. La femme quitte le giron de sa mère pour retrouver la Mère Universelle, source de toute vie et de toute création ».

 

Ici, l’artiste nous présente de belles œuvres métaphoriques, ô combien oniriques ! D’où émane une intériorité évidente. Kandinsky a écrit : « L’artiste doit être aveugle vis-à-vis de la forme reconnue ou non reconnue, sourd aux enseignements et aux désirs de son temps. Son œil doit être dirigé vers sa vie intérieure et son oreille tendue vers la voie de la nécessité intérieure ». N’est-ce pas là tout l’enseignement qu’a retenu Anne Gaiss ? A qui nous souhaitons une belle et fructueuse route. Partez pour un moment magique d’évasion ! Une invite dans un bel espace orchestré avec Amour et Passion pour l’Art par Arnaud Bard.

 

* F.A.E Galerie « L’Atelier » 92 avenue jean-Baptiste Clément 92100 Boulogne. Tél : 06 70 77 36 47. Site Web : www.fae.fr Jusqu’au 31 mai 2012

 

                                                                         Lydie Léa Chaize, journaliste 

Exposition : Georgette Agutte, une artiste d’avant-garde, trop méconnue…

EXPOSITION * *

 

Georgette Agutte, une artiste d’avant-garde, trop méconnue…

 

... et pourtant contemporaine de Cézanne, Auguste Renoir, Gustave Moreau, … Elle fut l’élève en sculpture de Louis Schroeder et en peinture de Gustave Moreau. Artiste, pour le moins non-conformiste, elle divorce pour épouser Marcel Sembat. Ensemble, ils fréquenteront les plus grands artistes de leur époque : Signac, Odilon Redon, Rouault, et plus particulièrement Claude Monet et Henri Matisse.

 

Pour la première fois, Georgette Agutte ( 1867-1922) expose au Salon des Indépendants de 1904, aux côtés de Paul Gaugin, Henri de Toulouse-Lautrec, Camille Pissaro, etc… En 1907, elle expose au Salon d’Automne avec le mouvement Nabis initié par Paul Sérusier, Pierre Bonnard et la vague des impressionnistes et fauvistes dont Matisse, Vlaminck, Derain, Braque, ... C’est dire combien les œuvres de Georgette Agutte ont été connues et reconnues comme faisant partie intégrante de ces mouvements artistiques initiés par les jeunes talents de l’époque, qualifiés par le très influent critique d’art Louis Vauxcelles de « oseurs, outranciers, incohérents, sauvages », qui exposaient dans la salle VII, baptisée « la cage aux fauves » ! C’est, plus tard au Salon d’Automne de 1912 que Georgette. Agutte fait merveille en présentant « Mitsouko à sa toilette », une œuvre magnifiquement audacieuse inspirée des Arts Extrêmes Orientaux. Cette œuvre, à l’entrée de l’exposition actuelle, est une invite à une ambiance que l’on devine particulière et, à un parcours riche en créations, recherches et influences artistiques multiples, animées forcément par la passion de l’Art. Dans des vitrines, on découvre des objets divers, des souvenirs photographiques, une lettre de Matisse adressée à Georgette Agutte, une lettre de celle-ci adressée à son « Cher Maître » Claude Monet, … Sur les murs, des gouaches aux couleurs douces et subtiles, des huiles sur toile d’une composition architecturale remarquable ; par exemple « Le remorqueur sous le pont de Bennecourt », oeuvre toute en transparence et luminosité, aux couleurs pures teintées d’un pointillisme délicat; une huile sur bois, inspirée par la nature, dans une complémentarité audacieuse de couleurs, d’une beauté sauvage et ordonnancée à la fois, au titre évocateur « Le jardin fauve de Marcel Sembat ». Et, sans cesse audacieuse et novatrice dans son travail, Georgette Agutte a peint sur du fibrociment, support jusqu’alors inédit, 2 tableaux extraordinaires de raffinement, d’élégance et de justesse dans la composition et le traité de corps de femmes, joueuses ou lutteuses, aux courbures sensuelles, qui ne sont pas sans évoquer certaines fresques gréco-romaines, « peintures sèches » sur du plâtre. Plus tard, Miro et Picasso utiliseront ce support en fibrociment pour peindre quelques unes de leurs oeuvres.

 

Toute la vie de Georgette Agutte fut animée par la passion : la passion de la peinture, de la sculpture, la passion amoureuse… à tel point qu’elle ne survrira que quelques heures à l’amour de sa vie, Marcel Sembat, en laissant un billet qui dit en substance : « Minuit, voilà 12 heures qu’il est parti. Je suis en retard ».

 

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Le saviez-vous ?

 

* L’Ecole Nationale des Beaux Arts ne s’ouvre aux femmes qu’en 1897, Georgette Agutte sera l’une des premières à y être admise avec Suzanne Valadon, Jacqueline Marval et Emilie Charmy.

 

* Georgette Agutte a épousé en seconde noce l’homme politique Marcel Sembat, bien connu, avec Léon Blum, comme étant l’une des figures les plus illustres de la S F I O (Section Française de l’Internationale Ouvrière). Il fut aussi avocat, journaliste, amateur d’art éclairé et de surcroît mécène.

 

* Cette exposition a pu avoir lieu grâce, entr’autres, à l’association A S I H I (Agutte-Sembat Institut Humaniste et Impressionniste), dont la devise a été empruntée à André Malraux : « La Culture ne s’hérite pas, elle se conquière ».

 

* * Musée de l’Hôtel-Dieu, 1 rue Thiers à Mantes-La-Jolie, 01 34 78 86 60 jusqu’au 30 septembre 2012. Une expositon à ne pas rater !

A une demi-heure de la gare Saint-Lazare, jusqu’au 30 septembre 2012

 

                                                                                Lydie Léa Chaize, avril 2012  

Théatre : VOLPONE, une comédie drolatique

theatre-volpone* VOLPONE, une comédie drolatique, jubilatoire et grinçante de Ben Jonson, auteur talentueux qui a été en rivalité avec son contemporain, et néanmoins, ami William Shakespeare. Une pièce adaptée avec brio par Tony Cecchinatto et Jean Collette.

Dans une sorte de comedia dell’ arte avant la lettre, les personnages italiens ont des prénoms évocateurs : Volpone signifiant le renard, Voltore, le vautour, Mosca, la mouche ; c’est dire combien le côté sombre de l’homme apparaît en filigramme. Volpone ( Samir Dib, truculent !), un riche vieillard excentrique, tonitruant par moments, et mourant à ses heures, feint une agonie fatale pour appâter de nombreux prétendants au titre d’héritiers.

 

Allègrement aidé par Mosca, une sorte de gouvernante dévouée (surtout à son profit personnel ! ) et fine mouche, Volpone accumule les multiples cadeaux de ces prétendants à sa fortune. Alors, nous assistons à un défilé de gens à la morale douteuse et peu recommandable, dans une ambiance pleine d’allégresse, de scènes burlesques caricaturales, le tout servi par un texte riche et, de toute évidence intemporel !

 

Chaque acteur nous emporte avec talent dans ce cercle infernal de l’aspect le plus sombre de l’être humain qui est de tous temps: la simulation, la convoitise, la vanité, l’avidité, l’appât de l’argent, la cupidité, l’infidélité voire la luxure… Cette comédie douce amère, au trait forcé nous séduit par sa dérision. Nous sommes sous le charme de tous ces comédiens grimés qui jubilent tout autant que le spectateur. Les magnifiques costumes d’inspiration vénitienne, les masques, les marionnettes sont mis en exergue par des éclairages appropriés, une mise en scène et une scénographie particulièrement inventives, dont un plateau qui n’est pas sans évoquer le tourbillon de la Vie, cette éternelle farce humaine…

 

La morale est sauve, rassurez-vous alors, courez voir ce spectacle très enlevé, qui vous fera oublier, l’espace de quelques instants, les tourments de la vie…

 

* au Théâtre Le Ranelagh, 5 rue des Vignes 75016 Paris Téléphone : 01 42 88 64 44. Jusqu’au 2 juin 2012

 

Par Lydie Léa Chaize, mars 2012