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« Je l’appelais MONSIEUR Cocteau » *

affiche de cocteau«J’aime ce livre, dont j'ai eu la chance d'être un des premiers lecteurs, au point d'envier ceux qui, à leur tour, éprouveront la surprise et le bonheur de découvrir ces pages». Cet extrait de la préface du livre écrite par Jean Marais exprime, s’il en était besoin, l’intérêt du témoignage de Carole Weisweiller, qui a eu la chance de vivre, du haut de ses huit ans et pendant de longues années, aux côtés du merveilleux poète qu’était Jean Cocteau.

Cette promenade dans le temps et dans l’espace nous révèle la légende vivante que fut ce Prince de la poésie, du théâtre, du cinéma et des arts dans un monde  privilégié…où tout n’était « que beauté, calme et volupté ».sic.

les deux comediens cocteau

Dans une mise en scène plutôt sobre de Pascal Vitiello, Bérangère Dautun alias Carole Weisweiller  évolue avec infiniment de délicatesse et d’aisance face au comédien Guillaume Bienvenue qui reflète avec charme et discrétion l’âme d’un Cocteau aux multiples facettes.

Agréable, aimant, gentil, intemporel, Cocteau a côtoyé les plus grands de son époque : Picasso, Matisse, Poulec, Greta Garbo,…, Charles Aznavour !...
La maman de Carole, Francine Weisweiller « hébergea » longtemps le poète dans sa somptueuse Villa Santo Sospir.
Dans cette demeure d’adoption, Cocteau a dessiné à l’envie des fresques murales (que nous découvrons en projection, entre autres, sur la scène) inspirées de la mythologie grecque qui lui était chère. Le coup de crayon de cet artiste est unique. Le soleil, les animaux et les éphèbes jaillissent sous le regard admiratif d’une petite fille et d’une adolescente  qui gardera toujours en mémoire l’empreinte de cette influence jubilatoire. La  petite fille, l’adolescente et la jeune fille seront façonnées par une existence pleine de vie, riche de sens et tumultueuse, avec les rires et les joies mais aussi les séparations, synonymes de déchirements. A la suite d’une stupide brouille entre le poète et Francine Weisweiller, Jean Cocteau quittera la Villa en 1962. Puis, le déchirement ultime viendra par la mort  de ce mentor d’exception, le 11 octobre 1963,  à quelques heures d’intervalle de  celle d’Edith Piaf. On peut déplorer que Jean Marais ne soit pas davantage évoqué dans cette pièce qui, cependant, donne envie de voir ou de revoir l’œuvre de cet immense et talentueux inventeur de rêves qui n’a jamais quitté « la petite » Carole.  L’affirmation prémonitoire de son ami qui a fait graver sur sa tombe: « Je reste avec vous », étant de toute éternité.
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*  Studio Hébertot, 78 bis Boulevard des Batignolles 75017 Paris.
Réservations : 01 42 93 13 04  / www.studiohebertot.com
Du mardi au samedi à 19 h. Le dimanche à 17 h.
                                                                Jusqu’au 29 mai 2016

                                                                   Lydie-Léa Chaize, journaliste