M. Jean-Yves LE DRIAN, Ministre de l’Europe et des Affaires Etrangères

La crise du Covid-19 aura bouleversé bien des habitudes et des certitudes. Mais, loin de nous propulser du jour au lendemain dans un monde nouveau, elle a en réalité servi de catalyseur à quelques-unes des tendances les plus préoccupantes de ce qu’il est déjà convenu d’appeler le «monde d’avant». Dans un contexte d’anxiété propice à toutes les mystifications, on a vu par exemple les manipulations de l’information se multiplier. Elles ont ajouté de la confusion à une situation déjà extrêmement complexe et, ce qui n’est pas moins grave, brouillé dans le débat public la frontière qui sépare le fait établi de la simple allégation, au risque de saper la possibilité même du dialogue rationnel dans nos sociétés. Même en pleine pandémie mondiale, il n’est que trop évident que les jeux de puissance et d’influence se sont poursuivis, par d’autres moyens.

Pourtant, les digues ont tenu. Ce raz-de-marée de nouvelles fausses ou biaisées n’est parvenu ni à nous paralyser, ni à nous plonger dans la discorde. Et c’est aux journalistes qui, sur tous les continents, ont continué à porter une conception exigeante de leur mission que nous le devons. Dans des circonstances parfois très difficiles, ils n’ont jamais cessé de se battre pour apporter à leurs concitoyens une information fiable et utile. Ne faisant que leur métier mais tout leur métier, ils prennent ainsi une part considérable à la lutte contre le virus. Et je veux, à vous-mêmes et, à travers vous, à vos confrères du monde entier, dire toute notre estime et notre gratitude.

Cette crise l’a donc rappelé : les journalistes sont des gardiens de la démocratie. C’est de leur rigueur qu’elle tire sa force : la force de la transparence, la force des données objectives sur lesquelles chacun peut se forger une opinion éclairée et critique, la force du pluralisme et du débat.

Cela nous oblige : réciproquement, l’un des premiers devoirs des démocraties est de défendre l’indépendance de la presse et la sécurité des journalistes. L’an dernier seulement, 49 de vos confrères ont trouvé la mort en exerçant leur métier, près de 400 étaient emprisonnés et 57 retenus en otage. Au cœur même d’un continent passionné attaché aux droits de l’Homme et à la liberté, la journaliste maltaise Daphne Caruana Galizia et le journaliste slovaque Jan Kuciak ont été lâchement assassinés, respectivement en 2017 et 2018. Autant de scandales, autant de menaces pour nos valeurs et nos principes.

C’est pourquoi la diplomatie française s’engage aux côtés de tous ceux qui, à travers le monde, se battent pour défendre la liberté d’informer et d’être informé. Une cinquantaine de nos partenaires ont déjà rejoint le « Partenariat information et démocratie » que nous avons lancé avec Reporters sans frontières et portons désormais dans le cadre de l’Alliance pour le multilatéralisme, afin de promouvoir l’accès à une information libre, pluraliste et fiable.

A l’orée d’une décennie dont le dernier Classement mondial de la liberté de la presse établi par RSF nous prévenait qu’elle sera « décisive pour l’avenir du journalisme », cet engagement restera pour nous une priorité constante et absolue.


LES EDITOS DES MINISTRES PRECEDENTS & PORTE PAROLATS

(En cours d’actualisation)

 


La délivrance de la carte de correspondant de la presse étrangère à des journalistes professionnels de nationalité française comme étrangère, résidents sur le territoire français en qualité de correspondants permanents de la presse étrangère en France, est soumise à la procédure suivante :

1) Avant d’arriver en France, si vous êtes un journaliste étranger (hors Union européenne), vous devez demander auprès du consulat français le plus proche, un visa long séjour (type D). Si vous êtes résident de l’Union Européenne, vos papiers d’identité suffisent.

2) Arrivé en France, pour obtenir votre carte de presse, vous devez impérativement prendre rendez-vous auprès du bureau des correspondants de la presse étrangère du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères qui vous indiquera la procédure à suivre. LIRE LA SUITE