À Paris, le musée Rodin a rouvert ses portes

http://rusoch.fr/files/2016/04/%D0%93%D0%B8%D0%BF%D1%81%D1%8B.jpgCela faisait trois ans que le musée Rodin, l’un des endroits préférés des touristes russes à Paris, était en restauration. Les travaux ont coûté 16 millions d’euros, 49% de cette somme provient de l’État et 51% ont été autofinancés par le musée, plus exactement par la Fondation Cantor bien sûr, qui est un soutien de longue date du musée.

L’hôtel particulier, qui se trouve en face de l’hôtel des Invalides, s’est refait une beauté. À l’intérieur, les sols ont été changés, des salles ont été ajoutées (pour cela, les services administratifs ont été déplacés dans une annexe), un ascenseur et des toilettes ont été créés (avant, pour ceux qui s’en souviennent, on devait aller dehors).
Les intérieurs de l’hôtel Biron ressemblaient à ceux dans lesquels Rodin avait vécu. On a restauré des choses d’après des photographies et on a trouvé de nombreux artefacts dans des boîtes d’archives qui étaient entreposés dans des salles au sous-sol.

Il semble que Rodin adorait l’éclectisme : il possédait une idole japonaise qui côtoyait des antiquités grecques. Autre chose importante, les murs du bâtiment étaient décorés de tableaux que le sculpteur avait achetés lui-même ou qu’on lui a offerts.
Parmi les 200 toiles en réserve, le public pourra en admirer 70. Parmi elles, on retrouve Le père Tanguy de Van Gogh (une des trois versions réalisées par le peintre). Rodin l’a acheté par contre avec Claude Monet, ils ont fait un échange d’œuvres.

Aujourd’hui, le musée est consacré non seulement à l’œuvre du sculpteur, mais également à sa vie entre ces murs.
Notons un détail intéressant. Rodin a légué sa demeure à l’État à condition que sa collection ne soit pas dispersée et qu’elle demeure intacte. Il a aussi spécifiquement demandé à ce qu’une salle particulière soit dédiée à son élève, Camille Claudel (actuellement, 18 de ses œuvres sont exposées dans les salles). Cependant, l’État ne s’est pas particulièrement empressé de prendre possession de l’héritage de Rodin. Pourquoi ? Parce qu’à cette époque, le sculpteur avait la réputation d’être un auteur à scandale, un hérétique parmi les classiques. Personne n’osa affecter au budget de l’État l’entretien du musée de l’artiste ambigu.

Seulement trois ans après la mort de Rodin, Georges Clemenceau, président de l’Assemblée nationale, a donné son accord pour l’acquisition de l’hôtel particulier du sculpteur. Durant cette période, l’État est devenu propriétaire d’une grande série de tableaux de Claude Monet, qui se trouvent maintenant dans les salles du musée de l’Orangerie.

L’héritage d’Auguste Rodin est énorme. Le musée possède 33 000 de ses œuvres. Parmi elles, on compte plus de 6 000 sculptures (notons que le sculpteur a travaillé avec une équipe de 50 personnes). Si, à ce chiffre, on ajoute 6 000 objets du monde antique, 9 000 dessins et estampes, 11 000 photographies ainsi que 200 meubles anciens, alors on ne peut qualifier le musée que de « grandiose ».

Rodin a dû rendre l’argent, alloué par la Société des gens de lettres, pour la statue de Balzac, car elle ne leur plaisait pas.

Photo de l’auteur

Elena Iakounine, traduction de Marine Moorel

 

Cela faisait trois ans que le musée Rodin, l’un des endroits préférés des touristes russes à Paris, était en restauration. Les travaux ont coûté 16 millions d’euros, 49% de cette somme provient de l’État et 51% ont été autofinancés par le musée, plus exactement par la Fondation Cantor bien sûr, qui est un soutien de longue date du musée. – See more at: http://rusoch.fr/lang/fr/cult/v-parizhe-vnov-otkryt-muzej-rodena.html#sthash.XGgIoPG0.dpuf

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