Activité APE : Une Histoire du nationalisme arabe par Charles Saint-Prot, mardi 20 septembre à 16h15

Rencontre avec Charles Saint-Prot, autour de son livre “Une Histoire du nationalisme arabe” – Mardi 20 septembre 2022 à 16h15
Au restaurant AL DAR, 93 Av. Raymond Poincaré, 75016 Paris

Voici un livre qui ne laissera pas ses lecteurs indifférents. Proche des présidents Saddam Hussein et Arafat mais aussi du philosophe Michel Aflak, Charles Saint-Port, docteur en science politique et docteur HDR en droit, publie, aux éditions Karthala, à Paris un ouvrage fondamental intitulé Une Histoire du nationalisme arabe qui expose que la pensé nationale arabe fut surtout portée par le Baas fondé par Michel Aflak. Cet ouvrage est en cours de traduction en arabe.

Charles Saint-Prot affirme que « Le nationalisme va à l’essentiel de la condition humaine, c’est-à-dire la vie. Le combat contre la mort Comme tous les grands philosophes, Charles Maurras (m. en 1952), que l’on peut considérer comme le concepteur du nationalisme au début du XXe siècle, est hanté par l’idée de la mort… Résister à la mort ! Voilà l’objectif qui organise toute la doctrine des nationalistes. »

Le nationalisme arabe tente de réponde à une double question « Qui sommes ? » et « Que pouvons-nous faire ? ».Depuis le XIXe siècle un rêve habite le monde arabe, celui de reconstituer l’unité qui fit la grandeur de la civilisation arabe. C’est ce rêve qui a donné naissance au mouvement national arabe, qui s’est développé dans les années 1950, avec Nasser en Égypte (1952-1970) et, surtout, avec le Baas, fondé à Damas en 1947, qui a gouverné en Syrie de 1963 au coup d’État d’Hafez el Assad, en Irak de 1968 à 2003 et a essaimé dans tous les pays arabes.

Le nationalisme arabe est un mouvement inscrit en profondeur visant au progrès politique et social de la nation arabe, il ne se confond pas avec un panislamisme qui ne reste qu’une idéologie sans consistance réelle. Il a eu pour adversaire acharné les communistes, les prétendus islamistes, dans la version perse ou qutbiste, et les libéraux imitateurs de l’occident, souvent faisant le jeu des États-Unis et du sionisme c’est-à-dire les internationalistes de tout acabit.

Qu’on le veuille ou non, le réveil arabe reste un rêve bien ancré dans le cœur de dizaines de millions d’Arabes « de l’Atlantique au Golfe ». À partir de la Nahda et surtout au début du XXe siècle, est né un mouvement national arabe qui a conduit à un panarabisme suggérant que les habitants des territoires à majorité arabophones constituassent une seule nation ou, du moins, exprimassent une forte solidarité débouchant sur des coopérations concrètes.

En vérité, le nationalisme arabe a conçu la vision d’un destin commun et il a été l’expression de l’aspiration d’une civilisation à reprendre sa place dans l’Histoire. En fin de compte, il a constitué la tentative la plus sérieuse pour faire entrer la nation arabe dans le monde moderne par la grande porte et lui donner un projet d’avenir à la mesure du passé glorieux de sa civilisation. Plus qu’une option pour un modèle politique, le nationalisme arabe a été un choix existentiel.

Quelle qu’ait été l’ampleur des échecs, dus à l’acharnement des coups portés par les ennemis des Arabes et, parfois, aux erreurs commises, le nationalisme continue à représenter pour une bonne partie du monde arabe un avenir possible et, en tout cas, moins médiocre que le présent actuel. Plus qu’une option pour un modèle politique, le nationalisme arabe a été un choix existentiel exhortant à ce que le président Saddam Hussein appelait un « combat spirituel ». Il a prôné un renouveau arabe fondé sur le progrès, l’entente interconfessionnelle, l’ouverture au monde… un ensemble de valeurs dont le monde arabe a encore besoin. Sans doute les frontières nées des découpages qui ont résulté des accords Sykes Picot seront-elles difficiles à abolir. Mais, malgré les rivalités de personnes ou les divergences de vues sur les moyens, l’objectif est de redonner une influence à la nation arabe.

Charles Saint-Prot écrit dans sa conclusion :  « Il s’agit de faire réintégrer l’Histoire par les Arabes.Par conséquent – et, sans doute plus qu’un intégrisme sectaire n’offrant qu’une mauvaise caricature de l’Islam – le nationalisme arabe incarne une espérance. Celle d’un printemps de la nation arabe dont ce mouvement a porté – et continue à porter – l’inépuisable volonté de vivre et de revivre. »


Charles Saint-Prot, né Michel Mathieu le 26 janvier 1951, est un géopolitologue et islamologue français.

Charles Saint-Prot est directeur général de l’Observatoire d’études géopolitiques (OEG) à Paris, un centre de recherches sur les relations internationales créé en 2004.
Il codirige la collection Études géopolitiques chez Karthala.

Il est premier vice-président et doyen de l’Institut africain de géopolitique dont le siège central est à Dakar, avec des bureaux à Abidjan, Paris ou Rabat.

Chercheur associé au Centre Maurice Hauriou pour l’étude du droit public à la Faculté de droit de Paris Descartes, il anime un groupe de recherche sur la civilisation arabo-islamique et le droit islamique. LIRE LA SUITE


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