COUP DE COEUR : Albert Einstein, un enfant à part par Lydie Léa Chaize

“Albert Einstein, un enfant à part” Adaptée du roman de Brigitte Kernel « Le monde selon Albert Einstein », cette pièce retrace l’enfance malmenée d’Albert Einstein qui, dyslexique, était moqué par ses camarades. En fait, c’était un enfant surdoué, qui se révèlera être le génie que l’on sait, récompensé par le Prix Nobel de Physique en 1921.

proposé par Lydie Léa Chaize

“Je m’appelle Albert Einstein, je suis allemand et j’ai neuf ans trois quart depuis trois jours, cinq heures et quarante-six minutes. On dit que je suis un « trop doué ». Je ne comprends pas pourquoi car je n’ai que de mauvaises notes à l’école. Sauf en mathématiques…”.

C’est ainsi que s’exprime la magnifique Sylvia Roux que l’on connait à la ville mais  ici, transformée, elle est méconnaissable ! Incarner le jeune prodige relève de l’exploit ! Avec sa perruque créée par Lou Valérie Dubuis, son interprétation, toute en nuance, est une performance, tant sur sa voix que sur sa posture. Ses acolytes Tadriana Hocking et Thomas Lempire, dans différents rôles, lui donnent la réplique avec perspicacité et drôlerie. Tous ces personnages évoluant sur scène dans une dynamique très fluide.

La mise en scène de Victoire Berger-Perrin, sobre et fidèlement nostalgique témoigne d’une époque révolue : le fameux tableau noir. Ce tableau, si cher à cet enfant « différent », sur lequel il n’aura de cesse de travailler, démontrant son incroyable talent  de chercheur, d’inventeur et de surdoué qui manipule les chiffres comme on jongle avec des balles…. Ses grands parents, son ami Joseph le soutiendront corps et âme, et sa mère lui apprendra le piano pour calmer les colères d’un génie en devenir.

N’oublions pas que ce génie offrira au monde entier sa théorie de la relativité restreinte en 1905 et sa théorie de la gravitation, dite relativité générale, dix ans plus tard. Il contribuera largement au développement de la mécanique quantique et de la cosmologie. Le prix Nobel de Physique lui sera attribué pour son explication de l’effet photoélectrique. Plus généralement, tout le monde connait l’équation (E = mc2), formule d’équivalence entre la masse et l’énergie, qui l’a rendu célèbre, permettant l’exploitation de l’énergie nucléaire pour le meilleur et pour le pire…

Bravo à l’auteure pour le dévoilement d’un destin peu connu ainsi qu’à toute l’équipe qui nous éclairent, grands et petits, sur l’importante nécessité de ne tolérer aucune exclusive sur « la différence »,  parce que « l’autre » est un autre soi-même.

Un délicieux spectacle vu à Paris, au Studio Hébertot, puis au Théâtre de la Tour Eiffel à Paris. Il sera présenté au festival Off d’Avignon, en juillet prochain.


Théâtre « Les 3 soleils », 4 rue Buffon 84000 Avignon.  Réservations : 04 84 36 00 37 / www.les3soleils.fr