Dali au Centre Pompidou ***

dali-au-centre-pompidou-201321 novembre 2012 – 25 mars 2013

 

Pour comprendre l’œuvre de DALI, il me semble qu’il faut avant tout appréhender 2 éléments importants de sa vie : il est né, après la mort d’un premier enfant du couple Salvador Dali y Cusi et de Felipa Domènech et il s’est passionné très vite pour la psychanalyse, notamment freudienne.

 

Quoiqu’il en soit cet engouement pour la psychanalyse aura influencé sa période surréaliste voire toute son œuvre.

 

Tenant compte des différentes pensées obsessionnelles de DALI, les réalisateurs de l’exposition nous font pénétrer d’emblée dans l’univers dalinien par un œuf, symbole de l’origine du monde, identitaire du fœtus, de l’utérus et de la fertilité, à l’intérieur duquel, l’artiste y est représenté en position fœtal. DALI prétendait se rappeler de ces instants premiers ! D’ailleurs, la persistance de la mémoire sera l’un des points sur lequel débutera l’œuvre de l’artiste.

 

Le parcours est riche et grandiose :

 

* nous entrons dans l’univers familial de DALI où la nature, au-delà des Pyrénées, a influencé sa peinture composée de rochers, de ciprès, du bleu de la mer, d’ombres et de lumières…

 

* pendant ses études à la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando à Madrid, sa rencontre avec Garcia Lorca, Luis Bunuel, quelques cinéastes et peintres surréalistes, sera déterminante pour développer son imaginaire déjà galopant !…

 

* sa méthode dite paranoïaque-critique nous entraîne dans des œuvres blaphématoires et transgressives, où l’inconscient et l’importance qu’il donne à la sexualité, héritée de l’œuvre freudienne, y tiennent toute leur place. Dans cette salle, nous découvrons un DALI, historien d’art à partir du célèbre tableau de L’Angélus de Millet.

Partant à la recherche de la vérification scientifique de l’interprétation délirante de l’œuvre, DALI décline le tableau de Millet en plusieurs séquences interprétatives.

 

* une autre salle nous dévoile une certaine fascination de DALI pour les Mythes et l’Histoire, avec le tableau provocateur de Lénine … Contrairement au mouvement surréaliste, l’artiste a su entrevoir les dangers du totalitarisme soviétique. Cette critique de Lénine lui vaudra d’ailleurs «son excommunication »et sa rupture avec le mouvement dirigé par André Breton.

 

* « Je suis un peintre théâtral » disait DALI. Pour preuve, une reconstitution scénique d’une salle, en hommage à la célèbre Mae West. Mais, DALI fut aussi théâtral parce qu’il a su très bien se mettre en scène en de nombreuses occasions et surtout parce qu’il a osé, de son vivant (en 1960), concevoir et réaliser l’extravagant Théâtre-Musée à Figueres qui est et restera probablement longtemps le lieu culturel le plus visité de la Catalogne. « Je veux qu’on s’amuse au musée de Figuères, confiait-il, que les enfants ne s’y ennuient pas comme au Louvre. Je veux faire un Daliland! »…

 

* la suite de l’exposition nous fait découvrir l’intérêt de DALI pour le cosmos et l’ADN ; sa peinture des montres molles donne une forme à l’espace-temps einsteinien. Tout ceci l’amènera à dire : « Il est très important pour un artiste d’avoir un sens développé du cosmos. Je suis beaucoup plus important comme génie cosmique que comme peintre. »…

 

Enfin, si l’entrée de cette EXTRA ORDINAIRE exposition se faisait par le corps, on en sort par l’esprit : une évocation matérielle des circonvolutions du cerveau de l’artiste ! DALI, peintre sulfureux, anti conventionnel, anarchiste, mégalo,… était un génie débridé, peut-être un peu fou mais, il était certainement, avec Picasso, le plus grand artiste du XXème siècle.

 

« La seule différence entre un fou et moi, c’est que je ne suis pas fou » répétait à l’envie ce Grand Maître. Qui pourrait définir les limites de la folie et de la claivoyance ?… ————————————

 

*** Plus que quelques jours (jusqu’au 25 mars 2013) pour visiter une œuvre majeure, au Centre Pompidou à Paris. ACCOUREZ ! Ou bien, il vous faudra aller au Museo Nacional Reina Sofia de Madrid entre le 23 avril et le 2 septembre 2013.

 

Lydie-Léa CHAIZE, journaliste

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