«SARAH» de John Murrell, adaptée par Eric-Emmanuel SCHMITT *

sarah 1Il me suffit d’entendre le mot Sarah pour que cela m’évoque LA comédienne du XIXème siècle, Sarah Bernhardt.
Cette pièce, créée en France en 1982, sous le nom de « Sarah et le Cri de la Langouste » a été jouée par Delphine Seyrig et Georges Wilson qui en avait fait l’adaptation. A l’époque ce fut un succès retentissant. Depuis les rôles ont été repris bien des fois…

Aujourd’hui c’est une création qui nous est proposée au festival off d’Avignon dans une belle adaptation d’Eric-Emmanuel Schmitt dont la réputation n’est plus à faire.

Sarah Bernhardt, alias Marthe Vandenberghe, déroule devant nous ses cinquante années d’une vie tumultueuse et exaltante.
C’est à Belle-Ile-en-Mer où elle a souvent séjourné qu’elle se souvient…., amputée d’une jambe à la suite d’un accident sur scène et à l’aurore de sa vie…
Alors dans cette obsession de la mort, dans cette éternelle envie de rester le monstre sacré international qu’elle a été, dans cette envie de jouer encore et encore, d’être belle, d’avoir trente ans, vingt ans que dis-je…, « quinze ans », sic… elle tente de dicter ses mémoires avec l’aide de son secrétaire Pitou interprété par Jean-Christophe Armand et entre dans les dédales d’un passé glorieux fait de règlements de compte et de personnages multiples. En interprétant avec jubilation le rôle du dévoué Georges Pitou, Jean-Christophe Armand nous offre un vibrant tableau de personnages de l’époque qui gravitaient autour de Sarah : sa mère, son impresario, les célèbres auteurs britanniques Oscar Wilde et Bernard Shaw, ses amis.

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… « elle sait Mademoiselle Garden que ses jours et ses heures sont comptés »… dixit Sarah ! Evidemment Mary Garden chante « L’Amour est une vertu rare »…

Et, c’est dans un échange de propos tour à tour beaux, tendres, drôles, ironiques et tranchants que les 2 comédiens talentueux et merveilleusement complices se donnent la réplique. Pitou par-ci, Pitou par-là, Pitou, quasiment souffre-douleur, assume tous les rôles que lui impose la grande Sarah ! Un texte sarcastique aussi, notamment lorsque Sarah, dans une envolée quasi lyrique évoque sa mère « On  voit que vous n’avez pas connu ma mère !… ».

De la belle ouvrage sur quelques délicieux extraits musicaux « Parade pour Orchestre » et « La Belle Excentrique » d’Erik Satie ainsi que « Thaïs » de Massenet.
Subtilement nuancé, on assiste à un jeu de comédiens magnifiques dont une Sarah incarnée par la comédienne Marthe Vandenberghe dont on n’a pas fini de parler.

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La sobriété de la mise en scène par Marthe Vandenberghe met en valeur les décors et costumes de « Grain d’sel », reflets d’une belle époque révolue.
Un moment de théâtre de qualité à la hauteur d’une œuvre, quasi mythique, d’un auteur américain amoureux d’une Diva immortelle.
A ne pas rater !
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*   Au Théâtre Littéraire « Le Verbe Fou », 95 rue des infirmières à Avignon.
    Réservations : 04 90 85 29 90
    Tous les jours à 16 h 45 jusqu’au 26 juillet 2015.

                                                                                                                                   Lydie-Léa Chaize

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