Hubert Védrine par Aurélie Rani pour Madagascar Magazine

Les Echos de Rani : Hubert Védrine

par Aurélie Rani

Notre première rencontre “en présentiel” pour la présentation du DICTIONNAIRE AMOUREUX DE LA GEOPOLITIQUE, le nouvel ouvrage de Monsieur Hubert Védrine, était ressentie avec une certaine solennité par les journalistes de la Presse Étrangère.

Elle augurait déjà aussi le voyage très attendu du président Emmanuel Macron à Kigali, au Rwanda. Aussi toute la seconde partie de notre rencontre était destinée à l’explication du rôle jouait par la France au Rwanda, pendant la période trouble du génocide des tutsis, de 1994.

Monsieur Hubert Védrine est un personnage politique de ce qu’on appelle “la gauche” française depuis 1988. Il était le bras droit de François Mitterrand, secrétaire général de l’Élysée, puis ministre des affaires étrangères sous le gouvernement de Lionel Jospin de 1997 à 2002.

Bien que n’ayant aucun mandat gouvernemental actuellement, M Védrine a répondu avec expertise à nos questions par rapport à sa vision personnelle et en tant que personnalité civile.

Il nous a donné ses perceptions de la politique internationale, se référant à son dictionnaire de la géopolitique. Il dénonce cette bataille mondiale sur la compétitivité écologique, et serait pour “l’écologisation” qui induit plus une dynamique selon lui.

Le monde, disait-il, est dans une instabilité durable, et est dominé par la compétition Etats Unis / Chine.

Il fait un constat assez pessimiste en déclarant qu’il n’y a pas de communauté internationale “encore” et que “le monde est un chaos” (tiré certainement de la citation de Pierre Corneille : “le monde est un chaos, et son désordre excède tout ce qu’on y voudrait apporter de remède.”)

Lui demandant ce qu’il pensait du contentieux sur les Îles éparses entre la France et Madagascar, Monsieur Védrine a manifesté un brin d’agacement, qu’il ne souhaitait pas s’exprimer sur ce point.

L’Afrique, dit-il, veut que la France reste ou revienne, à cause de la sécurité des investissements et de la sécurité internationale.

Concernant l’état français et le génocide des tutsis, monsieur Védrine se réfère en partie au rapport Duclert et écarte toute complicité de la France dans le génocide des tutsis au Rwanda, en 1994. La France était même le seul pays au monde, disait-il, à essayer de faire quelque chose pour apaiser la situation pendant cette période. La France n’a pas de responsabilité génocidaire au Rwanda. Pour preuve, l’aboutissement de l’accord d’Arusha fait en Tanzanie en 1993, qui était très favorable aux tutsis, et qui devait mettre un terme à la guerre civile.