CULTURE

« Mémoires d’un fou » de Gustave Flaubert. * avec William Mesguich

affiche memoires d un fouUne scène impressionnante s’offre à vous, comme une sorte d’antre immaculé d’une foultitude
de feuilles de papier blanc où quelques éléments de décor sont plus ou moins enfouis : un petit bureau, un escabeau et…, l’apparition d’un comédien que nous aimons.
D’emblée William Mesguich prend possession de l’espace, comme on prend possession de l’unique objet de ses désirs… et il nous raconte cette œuvre juvénile de Flaubert où l’autobiographie et la mémoire se confondent.

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Les Mémoires d’un Fou sont le reflet d’une délectation morose empreinte d’une poésie quasi élégiaque, de sursauts d’angoisse, « L’avenir nous tourmente, la pensée nous retient c’est pour ça que le présent nous échappe ».sic. Et, reflets de moments de folie qui sont peut-être la résultante d’un amour illusoire, fantasmé (l’amour pour Maria), d’un amour sans espoir (puisqu’elle est mariée) et, d’un amour excessif, « aimer à perdre la raison » comme l’a écrit plus tard Aragon, chanté par Jean Ferrat.

Cette œuvre littéraire de Flaubert témoigne d’une maturité précoce dans la perception d’un monde matériel qu’il exècre, d’une société décevante où les  hommes le fustigent, dès sa scolarité « Je me vois assis, absorbé dans mes rêves d’avenir, pensant à ce que l’imagination d’un enfant peut rêver de plus sublime, tandis que le pédagogue se moquait de mes vers latins, que mes camarades me regardaient en ricanant ».sic.

L’adaptation de Charlotte Escamez et la mise en scène de Sterenn Guirriec, les complices de William Mesguish depuis plusieurs années, sont pleines de belles trouvailles; par exemple, ce moment romantique où se déplace, sur un parapluie faisant office de barque, le comédien avec une infinie délicatesse. Sans oublier Mathieu Courtailler pour le choix de ses lumières et de ses belles projections vidéo, très inspiré dans ses images impressionnistes.

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Un spectacle de toute beauté, un texte dont William Mesguich écrit : « une beauté littéraire à l’égal d’un tableau de Monet ou d’une symphonie de Berlioz ». Là est l’interprétation magistrale d’un comédien lumineux, étrange et bouleversant, débordant de vitalité, de force et de désespérance qui sert un texte sublime sur fond de quelques notes de musique au son d’un piano, au son d’une harpe… pour terminer de nous séduire…

Ici, le théâtre et la littérature s’entrelacent à merveille dans un feu d’artifice de toute éternité !
Un vrai moment de théâtre à ne pas rater.
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* Théâtre de Poche-Montparnasse 75006 Paris
Réservations : 01 45 44 50 21 / www.theatredepoche-montparnasse.com
Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.
Relâches exceptionnelles les 2, 14, 16 et 5 novembre.
Jusqu’au 8 novembre 2015
                                                                      Lydie-Léa Chaize, journaliste

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