« Albertine Sarrazin, une vie de cavale » d’après son œuvre. *

Adaptation et interprétation  Mona Heftre.

Mise en Scène et vidéos de Manon Savary

 

albertine sarrazin

S’il est une vie peu banale, c’est bien celle d’Albertine Sarrazin qui avait défrayé la chronique, dans les années soixante. 

Abandonnée dès sa naissance en 1937, elle fut comme beaucoup d’enfants dans ce cas en dés errance pendant longtemps et, pourtant très vite elle est apparue comme une fille intelligente, douée mais, totalement insoumise.

De prison, pour faits graves et vols divers et variés, en cavale, l’écriture sera pour elle une libération…En quatre mois, elle écrit La Stragale qui obtient un succès retentissant, puis la Cavale; des romans quasi autobiographiques. Enfermée pendant 7 ans, elle se marie avec l’homme de sa vie Julien (lui aussi détenu) qui n’aura de cesse – plus tard – de défendre sa mémoire, en créant Les Editions Julien Sarrazin et en publiant des inédits de sa femme.

Désireuse de reconnaissance, Albertine dira dans une interview au magazine ELLE : « En prison, l’orgueil et l’agressivité sont nécessaires pour survivre, au fond de l’humiliation, il  faut pouvoir dire je marche et je chante….je n’ai qu’une ambition être adoptée… ».
Ce dernier mot n’étant pas anodin dans la bouche d’un être autant meurtri par les vicissitudes d’une vie chaotique.

La comédienne Mona Heftre interprète avec beaucoup de charme ce personnage hors norme, somme toute un véritable personnage de roman. Subtilement restitué, le mal de vivre d’Albertine nous touche. Tour à tour, désabusée, détachée, ensorceleuse, enjôleuse, amoureuse, Mona danse d’un pas léger et chante la poésie d’Albertine avec volupté.  

Les mots ne suffisent pas à traduire les sentiments contradictoires – désespérance  et humour – d’une femme en perdition mais, gardant toujours l’espoir, la tête haute : « Je crois au pouvoir de la volonté, de l’enthousiasme. Je ne dis pas de l’optimisme béat, ce n’est pas ça, mais il faut continuer à espérer, espérer férocement, au-delà de tout…. ». 

Dans ce « Portrait de Femme » tout concourt à la réussite – interprétation, lumière, musique, scénographie – pour que soit découverte une œuvre bien méconnue de nos jours  et qui mérite réellement le détour par le talent littéraire de l’auteur et par un éclairage plus que jamais contemporain.

Par ce dévoilement d’Albertine Sarrazin, il est une évidence que ce fut un envol prématurément interrompu de façon tragique par une erreur médicale, reconnue grâce au combat de son époux.

Courez voir « ALBERTINE SARRAZIN » dans cet écrin qu’est Le Théâtre de Poche de Stéphanie Tesson, fille du « Grand Philippe Tesson ».

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* Théâtre de Poche-Montparnasse 75006 Paris
Réservations : 01 45 44 50 21 / www.theatredepoche-montparnasse.com

Du mardi au samedi à 21h, dimanche à 15h
Jusqu’au 3 mai 2015
                                                                                                       Lydie-Léa Chaize

 

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